lundi 8 août 2016

Corylus #1





     Voici mon noisetier avec qui je fais chemin depuis quelques années maintenant. Nous travaillons ensemble à construire quelque chose de présentable, de naturel et avant tout de vrai !

     Lui et moi avons fait beaucoup d'efforts pour nous comprendre ces dernières années. Il semblerait que le dialogue se soit établi peu à peu.

     J'ai bon espoir que cette cépée respire un jour "le petit chemin qui sent la noisette ...."


2010



2011




2012



2013


2014


2015




2016 




... à  mon père .

samedi 30 juillet 2016

Fagus #1 [3]


Pour progresser dans le bonsaï,  il faut être capable de se remettre en question, de reprendre son travail, de revoir ses choix et parfois ses certitudes.

Et bien voilà un précepte qui cadre précisément avec l'objet ce nouvel article au sujet de mon hêtre préféré  !



     Comme expliqué dans les deux articles précédant (Fagus #1), je travaille ce hêtre depuis maintenant deux ans. 


     Je suis en fait resté longtemps "auto-satisfait" de cet arbre ... Je trouvais ce Fagus loin de l'exactitude de règles du bonsaï certes , mais son profil général m'apparaissait d'une construction naturelle qui me semblait cohérente avec l'esprit du yamadori.


     Pour défier mes propres certitudes, j'ai décidé d'amener ce hêtre à un atelier FFB à l'automne dernier pour le confronter au regard des autres bonsaï-ka et des formateurs-animateurs  N3. 



     Je suis ressorti de cette séance de travail avec une nouvelle vision de mon arbre .... celle de John Naka !!! Pour être plus précis celle  la même de son fameux arbre à défauts de la page 41.



                 
                 

     Bah oui, tout y était : les branches qui se croisent, les inversions de conicité, la tête de chat, la cime défectueuse ... bref la palette complète des choses à éviter !


     Malgré mon penchant pour le "hors normes" et le "freestyle", je du me rendre à l'évidence que cet arbre ne pourrait supporter un tel cumul de défauts pour prétendre  un jour passer au rang de bonsai.

     Les  formateurs que j'écoutais avec attention lors de cet atelier m'ont fait chacun une proposition plus ou moins radicale pour la poursuite de ce projet.  

     Face à mon indécision, ils m'ont invité à couper juste l'inutile ce jour la et à prendre le temps de digérer ces infos pour agir plus tard, avec de vrais certitudes ......



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     En fin d'hiver, un peu avant le démarrage printanier, je me suis décidé à travailler ce hêtre. Avec la conviction mûrie cette fois de lui trouver une ligne moins anarchique, plus lisible ... mais plus conventionnelle aussi.

     Je l'ai donc réduit de moitié en profitant d'une branche montante en relais de cime. Cette taille drastique m'a permis d'éliminer la partie haute de l'arbre, porteuse d'un "sac de noeuds" inextricable  qu'il aurait été difficile de mettre en forme de manière équilibrée.

               Voici aujourd'hui mon hêtre dans cette étape intermédiaire.


        L'arbre est fort et passera des le printemps prochain dans un pot de culture plus réduit pour continuer sa construction maintenant définie avec cette trame de branches en place.





mardi 19 juillet 2016

Carpinus #5

Derrière chez moi , devinez quoi qui y'a ?
Derrière chez moi, de-vi-nez quoi qui y'a !?
Il y a un bois, le plus joli des bois ....
Petit bois derrière chez moi !

Et tralon-la- lon-lère et tra-lon-la-lon-la ...
Et tralon-la- lon-lère et tra-lon-la-lon-la !!!

Et dans ce bois devinez quoi qui y'a ?
Et dans ce bois de-vi-nez quoi qui y'a !?
Il y'a un arbre, les plus joli des arbres,
Arbre dans le bois,
Petit bois derrière chez moi !

Et tralon-la- lon-lère et tra-lon-la-lon-la ...
Et tralon-la- lon-lère et tra-lon-la-lon-la !!!

etc ....... etc ........etc ........



     Voilà le début d'une comptine sans fin qui revient à mon souvenir et que nous chantions enfants sur la route des grandes vacances, pour patienter le temps d'arriver sur les belles plages du sud ouest !

     Cette chanson me rappelle nos périples en voiture, noyé dans le flot migratoire des touristes en direction du sud  .... quoiqu'il arrive !!! 

     Cette chanson me ramène aux souvenirs de plein de petits bonheurs simples jonchant ces vacances d'été.

     Cette chanson me donne aujourd'hui, plus que jamais la nostalgie de mon insouciance d'enfant, et le souvenir de nos yeux brillants, aux reflets multicolores, sous les feux d'artifices de la fête de la Gigas de Claouey ....

Laurent, 
Le 14 juillet 2016.




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      Figurez-vous qu'il y a derrière chez moi, un petit bois, et que dans ce petit bois, il y a un arbre .... le plus joli des arbres !

 Pourquoi  me direz-vous cet arbre retient-il tant mon attention ?


Et bien parce qu'il a des couleurs d'automne fan-tas-tiques !!!!






     Depuis plusieurs années maintenant j'observe ce Carpinus Betulus Communis. Car il s'agit bien d'un charme, aussi commun que ses congénères voisins mais qui a la curieuse particularité d'offrir de superbes couleurs d'automne. De quoi faire pâlir Monseigneur l'érable Palmatum, des Rouges, oranges, jaunes et verts se mêlent dans son feuillage chaque année.


      Au début de cette observation, j'ai pensé que cet arbre avait la chance d'une exposition et d'un sous sol particulier qui lui donnait les conditions exceptionnelles pour cette profusion de couleurs.

     Mais après réflexion et comparaison aux autres charmes voisins de mon jardin de même espèce, exposition et d'irrigation identiques, je du me rendre à l'évidence que ce charme portait en ses gênes la disposition spontanée de belles couleurs d'automnes.


     Je décidais donc au printemps 2015, de cloner cette particularité génétique en procédant à un marcottage aérien sur un "gourmand" que j'avais laissé profiter deux années successives (un peu déjà dans l'idée de ce projet)


Voici donc ce rejet de pied, à l'automne 2015, après une saison de marcottage. Et comme vous pourrez le constater, les couleurs sont au rendez vous  ... même sur ce gourmand !!! 



     Après une saison de repousse racinaire, je décide de protéger cette fragile marcotte de l'hiver avenir en la sevrant et en la plaçant dans un pot hors gel jusqu'au printemps prochain.

Sevrage de la marcotte à l'automne 2015, 






Le pot serra ensuite comblé de substrat standard pour assurer une épaisseur isolante pour l'hiver.





Enfin au printemps 2016, je rempotais ce charme après un hiver finalement sans soucis.  
Vissé au fond d'une caisse bois maison, il est prêt pour une saison de croissance racinaire !


Le voici en feuilles ce printemps. 




De première abord, le non-initié n'y verra qu'une tige feuillus sans conicité et sans grand intérêt. L'oeil plus affûté remarquera plusieurs travail déjà en cours et programmés sur ce charme bien frêle !


 * Notez la première branche basse déjà en liberté pour devenir maîtresse et favoriser l'épaississement de la base. 

 * Remarquez la répartition des branches naturellement équilibrée et régulière qui augure d'une construction avenir plutôt simplifiée. 

  * Voyez comme le relais de cime est déjà en place. Les marques de ligatures témoins de cette opération de relayage forcé, s'estomperont rapidement.







Et bien me voilà du travail pour les 10  prochaines années hein ?!!!

A suivre ... pour les patient seulement !